
Le 11 septembre 2001, l’impensable bouleverse à jamais le paysage urbain de New York. À la suite des attentats dévastateurs contre le World Trade Center, la FAA ordonne, pour la toute première fois, à 9 h 45 (heure de l’Est), la fermeture totale de l’espace aérien américain.
Plus de 4 500 vols intérieurs et internationaux transportant près d’un million de passagers au-dessus des États-Unis, ou en provenance de l’étranger, doivent atterrir sans délai à l’aéroport le plus proche ou être déroutés vers le Canada.
Avec une rapidité et une détermination remarquables, le plus proche allié des États-Unis lance l’opération Ruban jaune.
En moins de cinq minutes, les contrôleurs aériens canadiens contactent près de 500 vols transatlantiques et 90 vols transpacifiques. La moitié opère un demi-tour, tandis que plus de 230 avions de ligne transportant près de 33 000 passagers, convergent vers les aéroports canadiens répartis à travers le pays.
Au plus fort de l’opération, un à deux avions de ligne pénètrent dans l’espace aérien canadien, chaque minute.
Contre toute attente, tous les avions atterrissent sains et saufs lors de cet exploit de contrôle aérien sans précédent.
En moins de quatre heures, tous les avions de ligne ont atterri à leur aéroport canadien désigné, où des inconnus accueillent leurs passagers à bras ouverts, prêts à les héberger, les nourrir et les protéger.
L’opération Ruban jaune fut un triomphe logistique. Mais sur le plan humain, elle fut quelque chose de bien plus rare : un acte de solidarité spontané.
Personne ne savait si les vols déroutés pouvaient être impliqués dans d’autres détournements. Pourtant, au Canada, personne ne s’est demandé s’il fallait aider notre plus proche voisin du Sud. La question était plutôt : combien de personnes pouvions-nous accueillir ? L’inclusion, et non la suspicion, a prévalu.
La clarté morale inébranlable dont ont fait preuve les Canadiens lors de la crise du 11 septembre est encore étudiée aujourd’hui par les spécialistes des sciences comportementales et demeure un modèle pertinent pour les interventions actuelles et futures en cas de terrorisme ou de crise humanitaire.
La bienveillance, la générosité et le soutien que les communautés canadiennes, partout au pays, ont offerts aux plus de 33 000 passagers détournés ont eu un impact profond sur eux. Nombre d’entre eux ont été inspirés à perpétuer cette bienveillance et cette compassion au sein de leurs propres communautés. Et beaucoup restent attachés à leur ville d’accueil canadienne, des décennies plus tard.

